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Le capricorne asiatique

Juillet 2004, à Sainte-Anne-sur-Brivet (Loire-Atlantique) un particulier découvre des capricornes d’aspect inhabituel sur un érable criblé de trous dans son jardin. Il interroge les services techniques municipaux qui transmettent les spécimens au SRPV de Nantes, lequel les envoie pour identification au LNPV de Montpellier.

Verdict : Les insectes appartiennent à l’espèce A. glabripennis, organisme de quarantaine, indésirable sur le territoire français.

Commence alors début août 2004 une campagne de prospection des arbres sensibles sur l’espace public et dans les jardins privés autour du point de découverte du ravageur. Il apparaît alors que le foyer d’infestation s’est développé depuis un quartier du village dont certains trottoirs avaient été rénovés entre 1998 et 2000 à l’aide de pavés de granite importés de Chine, et conditionnés sur palettes en bois.

En septembre 2004, le résultat de la surveillance dirigée par le SRPV permet d’identifier une soixantaine d’arbres attaqués. Par ailleurs, des chênes sont abattus et incinérés par précaution car ils sont voisins d’érables attaqués et porteurs de trous de sortie de gros xylophages. Aucune preuve de la présence de larves de capricorne asiatique se développant dans ces chênes n’a pu toutefois être apportée. En revanche, Cerambyx cerdo, espèce indigène et abondante dans la région a été trouvée dans les nombreuses galeries de ces arbres.

Au total, 77 arbres ont été détruits à Sainte-Anne-sur-Brivet. Un effort particulier d’information de la population a été fait au cours de réunions publiques, à l’aide de plaquettes d’information, d’un numéro spécial du bulletin municipal, et par des interventions dans les écoles primaires de la commune.

Conformément aux dispositions de l’arrêté préfectoral du 16 août 2004, une zone de quarantaine a été mise en place. Le coût de l’incinération des déchets végétaux (réalisée à l’intérieur de l’aire de quarantaine) a été supporté par la Mairie.

Au cours de l’été 2004, le traitement foliaire de certains arbres sensibles au ravageur a été organisé à deux reprises à l’aide d’un produit insecticide de contact à base de bifenthrine. Au moins une vingtaine d’adultes d’A. glabripennis ont été tués à cette occasion.

Aucun nouveau cas n’a pu être mis en évidence lors de la prospection hivernale 2004-2005, réalisée dans un rayon d’un kilomètre autour du foyer.
Par contre, la campagne de surveillance de la fin du printemps au début de l’automne 2005, dans le centre-bourg, a permis de détecter 33 nouveaux sujets attaqués par le capricorne asiatique : 17 peupliers, 14 bouleaux et 2 petits charmes ornementaux. L’abattage et l’incinération ont été effectués au fur et à mesure des découvertes.

Octobre 2006, un seul insecte a été trouvé au sol dans le foyer initial. Aucun nouvel arbre n’a été abattu.

A Sainte-Anne-sur-Brivet comme à Gien, l’enjeu a été d’empêcher l’extension du ravageur au-delà du foyer. Une surveillance minutieuse a été réalisée jusqu’en 2010.