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Note de conjoncture tous secteurs - mars 2020

 

NB : la parution de cette note, initialement prévue en mars, a été retardée du fait de la crise sanitaire liée au Covid-19

Météo : février, soleil en berne

En février, la température moyenne dépasse la normale de 3,3 °C (9,4 °C). Les précipitations, inégales selon les départements (+ 5 % à Angers et + 45 % au Mans) sont toujours excédentaires (+ 27 %). Le soleil, très hésitant, ne génère que 86 heures d’insolation (- 10 % / normale). L’indice d’humidité des sols au 1er mars est moins élevé qu’en janvier, sauf sur le littoral de la Loire-Atlantique.

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Ecart à la normale 1981-2010 de la température moyenne (degrés Celsius)
Source : Météo France
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Rapport à la normale 1981-2010 du cumul des précipitations (%)
Source : Météo France
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Ecart à la normale 1981-2010 de l’indice SWI d’humidité des sols au 1er mars 2020
Source : Météo France

Productions végétales

Céréales : les cours du blé et du maïs évoluent peu

Fin février, l’état des cultures d’hiver est très hétérogène. Le temps humide empêche le ressuyage des terres hydromorphes qui se gorgent d’eau à chaque nouvelle pluie ; les pertes de pieds sont importantes. En revanche, sur parcelles saines, les plantes sont vigoureuses. La baisse de l’euro par rapport au dollar favorise la compétitivité des blés de la zone euro. Le cours moyen du blé tendre rendu Rouen progresse de 1 euro en un mois ; à 190 € la tonne, il est cependant inférieur de 2 € à celui de février 2019. En maïs, le Brésil enregistre une production abondante, et aux USA la surface de la récolte 2020 est prévue en nette hausse. Le prix moyen du maïs rendu Bordeaux perd 2 euros ; à 162 € la tonne, il est inférieur de 4 € à celui de février 2019. À noter : en fin de mois, les cours des céréales chutent, en lien avec l’extension de l’épidémie de coronavirus hors de Chine.

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Blé tendre rendu Rouen - Maïs rendu Bordeaux
Source : FranceAgriMer

Fruits et légumes : végétation en avance

En février, la douceur prédomine, ce qui conduit à une avance exceptionnelle de la végétation. L’activité est contrariée par une météo qui n’est pas en phase avec la consommation de légumes de saison. Par ailleurs, les vacances scolaires qui s’étalent sur trois semaines, toutes zones comprises, viennent perturber les échanges. Les caprices de la météo influent sur la qualité des radis et de la mâche, entraînant des pertes en cultures importantes. Faute d’une demande dynamique, les cours du poireau et de l’échalote reculent. La campagne concombre démarre correctement. L’écoulement des pommes sur le marché national est ralenti par la forte proportion de petits calibres, en décalage avec les préférences des consommateurs. A l’export, le blocage des ports puis l’extension du coronavirus perturbent fortement les échanges vers l’Asie. La fin de l’offre régionale de poires Conférence se négocie à des tarifs élevés et en hausse.

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Mâche - expédition région nantaise - barquette 150 g
Source : FranceAgriMer - RNM

Viticulture : recul des ventes en GMS

Entre janvier et février, les ventes de Muscadet au négoce progressent uniquement pour le Muscadet AC, moyennant une baisse du prix du vrac. Les cours se rétractent également pour le Muscadet Sèvre et Maine sur Lie. Le Crémant de Loire se négocie à prix stable. Son prix moyen de campagne reste encore inférieur à celui d’il y a un an (- 14 %). En rosé, le Cabernet d’Anjou trouve preneur et bénéficie d’un prix moyen haussier. Pour le Saumur-Champigny, l’écart entre cette campagne et la précédente se réduit en volume (- 24 %), mais se creuse en prix (- 18 %). En GMS, à la fin février, les ventes sur un an de Saumur-Champigny et de Cabernet d’Anjou se rétractent de 2 et 4 % en volume, avec un prix au litre en légère hausse. Les ventes de Sèvre et Maine sur Lie, principal Muscadet vendu en GMS, reculent de 5,1 % en volume et de 3,9 % en valeur. Celles du Muscadet AC progressent de 2,2 % en volume, mais perdent 1,5 % en valeur.

IPAMPA : stabilité de l’indice général

En janvier, l’indice du prix d’achat des intrants se stabilise sur le mois et diminue de 0,1 % sur un an. Les prix pétroliers régressent légèrement sur le mois (- 0,5 %), mais augmentent de 7,3 % en année glissante. De même, le prix des engrais baisse de 0,6 % sur le mois et de 6,8 % sur un an. Le prix des aliments pour animaux amorce une remontée (+ 0,2 % sur le mois), soit - 2,7 % par rapport à l’année précédente.
Champ France, INSEE

Productions animales

Lait de vache : un début d’année encourageant

L’année débute par une hausse de la production ligérienne de 1,6 % entre janvier 2019 et 2020. La qualité des fourrages disponibles compense la réduction du cheptel laitier, conséquence des épisodes de canicule de 2018 et 2019. Le prix du lait payé au producteur (381 €/1 000 l) est supérieur de 0,8 % à celui de janvier 2019.
Dans le même temps, la collecte de lait bio est aussi bien orientée (+ 17,5 %). Elle représente désormais 6 % de la collecte régionale au lieu de 5 % l’an dernier. La valorisation du lait bio (494 €/1 000 l) s’apprécie de 2,9 % par rapport à celle de janvier 2019.
La fabrication de produits laitiers est en hausse. En valeur, les prix sont stables sur un an. Dans le sillage des états généraux de l’alimentation, les négociations commerciales sont marquées par une implication grandissante des marques de distributeurs, en particulier, dans la revalorisation du prix du lait.

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Livraisons régionales lait de vache
Source : EML - SSP -FranceAgriMer

Viande bovine : léger mieux sur les prix des femelles

En février, les abattages régionaux de jeunes bovins sont au plus bas. Malgré une offre limitée, les cotations reculent, mettant un terme précoce à la hausse saisonnière. Elles restent toutefois supérieures de quelques centimes aux moyennes quinquennales. Les exportations de viandes bovines réfrigérée sont compliquées, avec un écoulement insuffisant vers l’Italie et la Grèce.
En février, les abattages totaux de vaches se rétractent par rapport à ceux de la même période de 2019. La baisse des réformes allaitantes n’est pas compensée par la hausse des réformes laitières. Les prix des femelles sont stables ou légèrement haussiers pour les laitières. Les industriels ont besoin de minerai pour la fabrication de steak haché. Les arrières sont difficiles à valoriser.
Les disponibilités en broutards sont faibles pour la saison. Les flux vers l’Italie sont limités faute de demande. Ceux vers l’Espagne sont plus réguliers.

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Cotations vaches Grand-Ouest
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Viande porcine : baisse des cours

En février, le cours moyen régional du porc charcutier de la classe S recule de nouveau. A 1,71 €/kg, il reste toutefois bien au-dessus de la moyenne quinquennale (1,42 €/kg) et repart à la hausse fin février. Les congés scolaires limitent la demande intérieure. A l’export, si les difficultés logistiques s’estompent dans les ports français, les conséquences du coronavirus en Chine se font ressentir. Les prix à l’export sont plus discutés et il n’y a pas de hausse de la demande chinoise. Dans les pays du nord de l’Europe et en Espagne, un manque de porcs entraîne une hausse des cours, creusant un peu plus l’écart avec les cours français. En février, le cours des pièces recule dans les mêmes proportions que le cours du porc. Au détail, la baisse des cours tarde à être répercutée, alors que les achats des ménages en porc frais se sont réduits sous la pression tarifaire.

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Cotation du porc - classe S - Nantes
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Volailles et œufs : hausse de consommation par rapport à janvier 2019

En janvier, les abattages régionaux de Gallus sont identiques à ceux de décembre 2019. Ils sont bas pour un mois de janvier : - 4,8 % par rapport à janvier 2019 et - 9,9 % par rapport à la moyenne quinquennale.
Les abattages de dindes dépassent légèrement les 7 000 tonnes (- 4,7 % par rapport à janvier 2019 et - 2 % par rapport à la moyenne quinquennale). Avec un peu plus de 5 700 tonnes, ceux de canards, restent proche de la moyenne quinquennale (- 2,5 %).
Sous l’influence d’un marché européen demandeur, le marché des œufs industrie se raffermit. Celui des oeufs de consommation est correct, avec une demande et une offre globalement équilibrée.
En janvier, la consommation de volaille par les ménages augmente de 1,1 % par rapport à celle de la même période de 2019, avec un prix moyen au kg en hausse de 1,2 %. Elle est portée par les découpes de volaille (+ 1,1 %) et les élaborés de volaille qui progressent de 6,5 %.

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Abattages contrôlés régionaux de Gallus
Source : Agreste

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