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Note de conjoncture tous secteurs - avril 2020

 

NB : la parution de cette note, initialement prévue en mars, a été retardée du fait de la crise sanitaire liée au Covid-19

Météo : mars pluvieux

En mars, la température moyenne (9,2 °C) se rapproche de la normale (+ 0,8 °C). Les précipitations, toujours inégales selon les départements (+ 2 % à Laval et + 82 % à Nantes) sont globalement très excédentaires (+ 44 %). Généreux, le soleil a brillé au-delà de la normale (+ 23 %). L’indice d’humidité des sols au 1er avril est légèrement déficitaire en Vendée et dans le nord Mayenne.

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Ecart à la normale 1981-2010 de la température moyenne (degrés Celsius)
Source : Météo France
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Rapport à la normale 1981-2010 du cumul des précipitations (%)
Source : Météo France
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Ecart à la normale 1981-2010 de l’indice SWI d’humidité des sols au 1er avril 2020 2020
Source : Météo France

Productions végétales

Céréales : recul finalement assez contenu des cours du blé et du maïs

Le retour du beau temps, à partir de la mi-mars, favorise la croissance rapide des cultures. Cependant, celles ayant souffert de l’excès d’eau restent très marquées. La chute des marchés des matières premières, qui découle de l’impact du choc économique planétaire, est atténuée pour le blé et le maïs. En effet, la demande, tant domestique qu’internationale, reste dynamique. De plus, en France, les problèmes importants de logistique pour fournir en céréales les usines de produits alimentaires pèsent sur les prix ; le transport ferroviaire est particulièrement impacté. Le cours moyen du blé tendre rendu Rouen perd 5 € en un mois ; à 185 € la tonne, il est cependant supérieur de 3 € à celui de mars 2019. Le prix moyen du maïs rendu Bordeaux perd 4 € ; à 158 € la tonne, il est inférieur de 1 € à celui de mars 2019.

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Blé tendre rendu Rouen - Maïs rendu Bordeaux
Source : FranceAgriMer

Fruits et légumes : bouleversement des circuits de commercialisation

En mars, les mesures de confinement pour lutter contre la propagation du covid-19 perturbent l’ensemble de la filière. Avec la fermeture de la restauration hors domicile, des marchés forains, voire de l’exportation, le marché est dans l’expectative durant plusieurs jours. Après une période de flottement, la demande explose, favorisée par des achats massifs en GMS et une réouverture de l’export. La fluctuation des prix est très forte avant de se régulariser en fin de mois à un niveau souvent plus élevé que la moyenne quinquennale. La GMS favorise l’origine France mais limite un temps les références pour des raisons logistiques, ce qui dessert les produits de segmentation. Les ventes de produits plus particulièrement destinés à la restauration hors domicile (échalion, mâche plateau) fondent. La mise en place des mesures barrière génère des coûts supplémentaires. Les salariés sont globalement présents au sein des entreprises.

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Tomate grappe - expédition Pays de la Loire - cat extra colis de 10 kg
Source : FranceAgriMer - RNM

Viticulture : contexte économique difficile

La douceur des températures hivernales entraîne un réveil très précoce de la vigne. Fin mars, le stade « bourgeon dans le coton » est majoritairement atteint et les cépages les plus avancés atteignent le stade « éclatement des bourgeons ». La vigne est sensible au gel à cette période. Il semble toutefois que les coups de froid de la dernière décade de mars n’aient pas fait de dégât. Les vignerons sont dans les parcelles pour tailler et palisser. La mise en place du confinement a un impact économique fort avec la fermeture de la restauration hors domicile, des salons, la désertion des caveaux, un oenotourisme au point mort et des exportations en berne. Les vignerons indépendants souffrent particulièrement malgré la recherche de solutions alternatives (livraisons à domicile, drive). En GMS, les ventes se concentrent sur les produits essentiels. Au niveau national, les ventes de vins reculent, en particulier celles des vins effervescents.

IPAMPA : les prix pétroliers dévissent

En février, l’indice du prix d’achat des intrants diminue de 0,2 % sur le mois et de 0,8 % sur un an. Ce sont les prix pétroliers qui expliquent cette baisse en chutant de 4,9 % sur le mois, soit - 1,8 % en année glissante. Le prix des engrais se stabilise sur le mois et diminue de 6,7 % sur un an. Celui des aliments pour animaux remonte de 0,6 % sur le mois mais baisse de 3 % en année glissante.

Champ France, INSEE

Productions animales

Lait de vache : production toujours soutenue à la veille de la crise sanitaire

En février, la production laitière en Pays de la Loire est en hausse de 6,4 % par rapport à celle de février 2019. Elle profite d’une production herbagère stimulée par des conditions météorologiques favorables. La valorisation du litre de lait reste stable entre février 2019 et 2020, au prix de 376 €/1 000 l. Les livraisons de lait bio sont aussi en hausse sur un an (+ 23,5 %/février 2019). Contrairement à l’an passé, l’aval paraît désormais en mesure d’absorber l’augmentation de la production. En février, le prix moyen payé au producteur gagne 2,1 % par rapport à celui de 2019. La situation est aussi favorable à l’ensemble de la fabrication des produits laitiers. En revanche, les conditions à l’export se dégradent. Les débouchés à destination de l’Asie sont tributaires des règles sanitaires des pays impactés par le covid. De nombreux contrats sont suspendus en raison du manque de visibilité sur les conséquences de cette crise. Les prix sont en recul pour l’ensemble des produits concernés.

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Livraisons régionales lait de vache
Source : EML - SSP -FranceAgriMer

Viande bovine : perturbations des marchés, incertitudes et pandémie

A l’exception des catégories vaches laitières et génisses, les abattages régionaux de bovins sont en retrait en ce début d’année. Des données régionales INTERBEV indiquent, pour le mois de mars, des abattages hebdomadaires « en dents de scie », à relier aux perturbations et aux incertitudes induites par les mesures de confinement. Certains marchés en vif ferment leurs portes, au moins temporairement. Parallèlement, la demande en viande bovine est modifiée et perturbée (restauration hors domicile à l’arrêt, achats par à-coups, difficultés logistiques, hausse de la demande de viande hachée). Dans ce contexte, la baisse saisonnière des cotations des jeunes bovins et des veaux de boucherie se poursuit pour générer des cours en deçà des valeurs quinquennales. Les cotations des vaches, assez stables, demeurent inférieures de 5 à 20 centimes/kg aux valeurs 2019 et quinquennales. En revanche, une demande italienne en broutards assez ferme contribue à soutenir la hausse saisonnière des cotations.

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Cotations vaches Grand-Ouest
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Viande porcine : marché désorganisé par le coronavirus

En mars, le cours du porc charcutier classe S commission Nantes atteint une valeur plancher de 1,79 €/kg avant le confinement. Après la rapide propagation du coronavirus, la cotation française est entraînée par la vague baissière européenne. La demande asiatique se restructure. Le marché porcin européen est soumis à l’évolution du virus et à la capacité logistique à expédier de la viande de porc en Asie. L’indicateur de marge brute naisseur-engraisseur augmente ce mois de 11 %. En revanche, les transformateurs craignent de manquer de main d’œuvre. Au cours des deux premiers mois de l’année, les abattages régionaux de porcs charcutiers dépassent de 3,3 % en poids ceux de la même période de 2019. La consommation des ménages se modifie avec l’arrêt de la restauration hors domicile et la réalisation d’achats de stockage dans les enseignes de distribution. Les débouchés du porc sont désorganisés et les dynamiques habituelles d’offre et de demande s’en trouvent ébranlées.

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Cotation du porc - classe S - Nantes
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Volailles et œufs : le repli des abattages se poursuit

Sur les deux premiers mois de l’année, pour toutes les espèces, les abattages régionaux de volailles sont en recul, poursuivant la tendance de 2019. Si les abattages en poulet standard restent stables, ceux en poulet sous signe de qualité sont en baisse de 13 %, du fait notamment de l’arrêt de l’activité poulet dans l’abattoir SNV de Château-Gontier, désormais dédié exclusivement au canard. Cela explique également pour moitié le repli des abattages de pintades. Ceux des canards sont en fort recul, en canards à rôtir (- 15 %) comme en canards gras (- 8 %), après une même période 2019 favorable. Avec la crise du coronavirus, la filière est en difficulté faute de débouchés en restauration hors domicile et export. En mars, les indices ITAVI de l’aliment progressent pour toutes les espèces, hausse continue depuis six mois, tandis que les prix à la production tendent à se stabiliser à bas niveau. De la mi-mars à la mi-avril, les cours de l’œuf sont nettement orientés à la baisse, surtout en œufs industrie.

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Abattages contrôlés régionaux de Gallus
Source : Agreste

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