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Note de conjoncture tous secteurs - mai 2020

 

NB : la parution de cette note, initialement prévue en mars, a été retardée du fait de la crise sanitaire liée au Covid-19

Météo : avril chaud et sec

Avril, avec une température moyenne (14,3 °C) dépassant la normale de 3,8 °C, fait partie des mois d’avril les plus chauds depuis 1900. Les précipitations sont globalement déficitaires (- 13,2 %), en particulier en Sarthe. Très présent, le soleil a illuminé la région (+ 31,7 %). L’indice d’humidité des sols au 1er mai, très hétérogène, est déficitaire, en particulier en Sarthe et en Mayenne.

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Ecart à la normale 1981-2010 de la température moyenne (degrés Celsius)
Source : Météo France
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Rapport à la normale 1981-2010 du cumul des précipitations (%)
Source : Météo France
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Ecart à la normale 1981-2010 de l’indice SWI d’humidité des sols au 1er mai 2020
Source : Météo France

Productions végétales

Céréales : forte hausse du cours du blé

À partir de la mi-avril, douceur et pluies modérées favorisent la croissance des cultures d’hiver et l’avancée rapide des semis de maïs. La hausse importante de la surface régionale en maïs grain et ensilage compense presque le fort recul de celle en blé. La demande en blé des pays importateurs, notamment arabes, est dynamique. Ces pays constituent des stocks de précaution. Par ailleurs, la surface de la prochaine récolte française de blé est prévue en net recul : - 400 000 ha en un an (- 8 %). Le cours moyen du blé tendre rendu Rouen bondit de 16 € en un mois ; à 201 € la tonne, il est supérieur de 20 € à celui d’avril 2019. Liée au choc économique planétaire, la baisse de la consommation mondiale de maïs pour la fabrication d’éthanol est conséquente. De plus, la récolte mondiale 2020 de maïs s’annonce abondante. Le prix moyen du maïs rendu Bordeaux perd 3 € ; à 155 € la tonne, il est inférieur de 2 € à celui d’avril 2019.

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Blé tendre rendu Rouen - Maïs rendu Bordeaux
Source : FranceAgriMer

Fruits et légumes : le confinement stimule la demande

En avril, les expéditions se déroulent plutôt sereinement. Les volumes et les prix départ station des produits phares de la région sont à des niveaux satisfaisants voire très satisfaisants. Dans cette période inédite, le consommateur privilégie l’origine française, au-delà même des espérances. La réouverture de certains marchés forains apporte un regain d’activité sur le MIN de Nantes. Les magasins de détail sont fortement sollicités par la clientèle. De nouveaux circuits de distribution se mettent en place (livraison à domicile). Jusque-là boudées, les pommes de petits calibres conditionnées en sachet sont plébiscitées. Le manque de saisonniers pour la cueillette des fraises ne permet pas toujours de répondre à une demande de plus en plus intéressée. Il en va de même pour les asperges dont la demande se maintient même après Pâques. Les exportations de mâche vers l’Allemagne reprennent.

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Asperge - expédition Val de Loire - cat I cal 16-22 plateau 5kg
Source : FranceAgriMer - RNM

Viticulture : commerce en berne

En avril, le confinement qui perdure prive les viticulteurs de nombreux débouchés. Malgré la mise en place de systèmes de livraison et de drives, les ventes aux particuliers se réduisent à peau de chagrin (5 à 10 % des ventes d’une année normale). Les ventes habituellement réalisées sur les salons ou auprès de la restauration sont perdues. L’export recule. Les achats du négoce et de la grande distribution se poursuivent. Le déstockage des vins prend du retard.

Horticulture : mois désastreux

Le confinement met la filière horticole ornementale en grande difficulté, à une période clé de l’année (pic d’activité avec 50 à 70 % du chiffre d’affaires annuel). De nombreuses productions sont détruites. Mi-avril, l’élargissement des autorisations de vente en GMS et jardineries ayant un rayon animalerie réduit les destructions. Toutefois, faute de réouverture des fleuristes, l’essentiel du muguet brin n’est pas récolté. Les pots trouvent preneurs en GMS.

IPAMPA : chute des prix pétroliers

En mars, l’indice du prix d’achat des intrants diminue de 0,9 % sur le mois et de 1,9 % sur un an. Les prix pétroliers expliquent cette baisse en chutant de 11,3 % sur le mois, soit - 13,9 % en année glissante. Le cours du brent accuse une perte de 42 % sur la moyenne de mars 2019. Le prix des engrais reste stable sur le mois (- 0,1 %) et diminue de 6,4 % sur un an. Celui des aliments pour animaux augmente de 0,7 % pour le mois et de 1,7 % depuis 4 mois.
Champ France, INSEE

Productions animales

Lait de vache : collecte soutenue, secteur de la transformation à la peine

En mars, la production laitière régionale est en hausse de 1,6 % par rapport à celle de mars 2019. Le pic annuel de production est favorisé par une météo printanière particulièrement favorable à la pousse de l’herbe. Depuis janvier, la production cumulée est en hausse de 3,1 % comparativement à celle de l’an passé. En mars, le prix moyen payé au producteur (370 €/1 000 l) progresse de 2,4 % sur un an.
La collecte de lait bio est également en hausse : + 14,1 % par rapport à celle de mars 2019. Depuis le début de l’année, le cumul des livraisons de lait bio est supérieur de 18,1 % à celui observé en 2019. A 475 €/1 000 l, le prix moyen payé au producteur bio s’apprécie de 2,9 % par rapport à celui de mars 2019.
La crise sanitaire a des répercussions sur l’aval de la filière. La fabrication de produits laitiers est fortement perturbée par le manque de personnel et les débouchés incertains, au niveau national comme à l’export. Les transformateurs incitent les livreurs à la modération.

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Livraisons régionales lait de vache
Source : EML - SSP -FranceAgriMer

Viande bovine : prix baissiers à la production, haussiers au détail

En avril, le marché de Cholet réouvre après deux semaines de suspension. Malgré des abattages en retrait par rapport à ceux d’avril 2019, les cotations des jeunes bovins baissent en deçà de la moyenne quinquennale pour toutes les catégories, en relation avec un recul de la demande. Pour les vaches, la hausse saisonnière n’a pas lieu. Au contraire, les cours chutent pour les viande R et mixte O, creusant un peu plus l’écart avec la moyenne quinquennale. Le prix des laitières se stabilise à un niveau très bas (2,66 €/kg). L’offre couvre les besoins des industriels. Les pièces nobles ou festives se valorisent mal.
Le cours des broutards progresse doucement pour se situer à hauteur des moyennes quinquennales. Les expéditions se maintiennent vers l’Italie mais reculent vers l’Espagne.
Au détail, les barquettes sont plébiscitées. Confinés, les ménages achètent plus de viande qu’en avril 2019 : bœuf frais hors haché + 10 %, viande hachée fraîche + 34 %, bœuf haché surgelé + 51 %.

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Cotations vaches Grand-Ouest
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Viande porcine : baisse des cours à la production

En avril, la cotation régionale perd 1 ct chaque semaine pour atteindre en dernière semaine du mois 1,73 €/kg (classe S commission Nantes). Le prix de l’aliment porcin progresse. Ces évolutions contribuent à une réduction des marges des éleveurs. Du fait du confinement, l’absence de consommation hors domicile réduit les débouchés de la filière porcine. L’export, qui s’améliore lentement, ne compense pas le recul du marché intérieur. Dans les autres bassins européens, les cours chutent également, influencés par l’absence de tourisme (Espagne), la concurrence étasunienne à l’export et la contraction des débouchés. Les prix des pièces évoluent à la baisse pour les épaules et les jambons mais à la hausse pour les poitrines et les longes. Selon Kantar, au mois d’avril, les achats des ménages surpassent ceux de 2019 à période comparable : porc frais + 23 %, saucisses fraîches + 59 %, charcuterie + 20 %. Ces achats se font à des prix en hausse par rapport aux mois précédents et sur un an.

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Cotation du porc - classe S - Nantes
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Volailles et œufs : impact important de la crise sur certaines espèces

En avril, l’indice Itavi de l’aliment progresse pour le poulet, le canard à rôtir et la dinde. Il recule pour le canard gras. Le prix payé aux producteurs est stable. La fermeture des restaurants et la réduction des exportations privent la filière volaille d’un important débouché. Le canard à rôtir, essentiellement écoulé en RHD et à l’export, ne trouve plus preneur. Des stocks se constituent. Les vides sanitaires s’allongent et des œufs sont détruits pour réduire les mises en place. Selon les bâtiments d’élevage, la mise en place d’une autre production de volaille n’est pas toujours techniquement possible. La demande de poulet reste élevée. Selon Kantar, par rapport à avril 2019, les achats des ménages ont progressé de 44 % pour les découpes, 20 % pour les élaborés de volaille, 18 % pour le poulet entier et 14 % pour la dinde. Ceux de canards et pintades reculent de respectivement 16 et 30 %. En œufs, la forte demande et l’offre insuffisante maintiennent des prix élevés.

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Abattages contrôlés régionaux de Gallus
Source : Agreste

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