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Note mensuelle de conjoncture toutes filières juin 2020

 

Météo : mai, chaud et très sec

En mai, la température moyenne (16,2 °C) dépasse de 2 °C la normale. Excédentaires dans le sud Vendée, les précipitations sont très déficitaires en Loire-Atlantique et surtout en Sarthe et en Mayenne (- 73,5 % à Laval). Très actif, le soleil brille intensément (+ 57 % par rapport à la normale). L’indice d’humidité des sols au 1er juin est déficitaire, notamment en Sarthe et en Mayenne.

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Ecart à la normale 1981-2010 de la température moyenne (degrés Celsius)
Source : Météo France
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Rapport à la normale 1981-2010 du cumul des précipitations (%)
Source : Météo France
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Ecart à la normale 1981-2010 de l’indice SWI d’humidité des sols au 1er juin 2020
Source : Météo France

Productions végétales

Céréales : baisse importante du cours du blé

La période sèche et chaude qui s’installe dans la région à partir de la mi-mai impacte le remplissage des grains des céréales à paille. La moisson s’annonce précoce, avec des rendements attendus très hétérogènes. Les semis de maïs sont terminés ; de fréquents dégâts d’oiseaux, parfois importants, sont observés et des resemis sont nécessaires. En blé, du fait de la baisse de la consommation mondiale liée à la pandémie de Covid-19, le stock de report des pays exportateurs est revu à la hausse. Par ailleurs, la production mondiale 2020 de blé s’annonce très abondante. En un mois, le cours moyen du blé tendre rendu Rouen chute de 12 € ; à 189 € la tonne, il est cependant supérieur de 15 € à celui de mai 2019. En France, le maïs, plus compétitif que le blé, est demandé par les fabricants d’aliments pour animaux. Le prix moyen du maïs rendu Bordeaux reste stable sur un mois. À 155 € la tonne, il est supérieur de 3 € à celui de mai 2019.

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Blé tendre rendu Rouen - Maïs rendu Bordeaux
Source : FranceAgriMer

Fruits et légumes : changement de rythme

En mai, les transactions à l’expédition repartent sur un rythme plus proche des années antérieures à pareille époque. Cette situation est à corréler avec l’allègement des mesures de confinement qui permettent d’accélérer la reprise de certains secteurs de l’économie nationale. La période particulièrement intense en termes d’échanges est passée, mais le niveau des transactions reste encore très satisfaisant. Dans l’ensemble les fruits et légumes trouvent facilement preneur. L’offre déficitaire de fraise se négocie 37 % au-dessus de la moyenne quinquennale. Plus concurrencé et de qualité hétérogène, le radis se vend tout de même à tarif élevé. Les disponibilités en pommes et concombres sont contenues. Celles de tomates progressent fortement, accompagnées d’une chute des prix qui retrouvent des valeurs saisonnières. Les ventes d’asperges, de salades et de produits botte sont dynamiques.

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Fraise standard expédition Val de Loire - cat I barquette de 500 g
Source : FranceAgriMer

Viticulture : distillation de crise

A fin mai, selon Interloire, les sorties de chais sur 10 mois de la plupart des appellations sont en retrait par rapport à celles de l’an dernier. Celles de Saumur-Champigny reculent de 9 % essentiellement du fait du négoce. Il en va de même pour le Cabernet d’Anjou (- 14 %), le Rosé d’Anjou et le Muscadet Sèvre et Maine sur Lie (- 19 %). En Crémant de Loire (- 15 %), la hausse de la vente directe ne compense pas la baisse de celle au négoce. Inversement, le Muscadet AC affiche une hausse des sorties de 8 % liée au négoce, les ventes directes reculant de 3 %. Toutes appellations confondues, les sorties de Muscadet reculent de 12 % équitablement répartis entre la vente directe et la vente au négoce.
Pour éviter un surstock en fin de campagne, une aide à la distillation de crise (78 €/hl pour les AOC et IGP, 58 €/hl pour les VSIG) est mise en œuvre en juin. Elle est complétée d’une aide au stockage privé.

IPAMPA : prix pétroliers au plus bas

En avril, l’indice du prix d’achat des intrants diminue de 0,6 % sur le mois et de 2,7 % sur un an. Les prix pétroliers, qui chutent encore, expliquent cette baisse (- 8,5 % sur le mois, - 22 % en année glissante). Le cours du brent accuse une perte de 43 % en avril. Le prix des engrais diminue légèrement : - 0,3 % sur le mois et - 6,3 % sur un an. Celui des aliments pour animaux augmente de 0,5 % pour le mois et de 2,3 % depuis 5 mois.

Champ France, INSEE

Productions animales

Lait de vache : contexte morose sur fond de crise sanitaire

En avril, les volumes collectés sont en baisse de 1,3 % par rapport à ceux de 2019. Une météorologie défavorable à la pousse d’herbe et des incitations à une moindre production de la part des transformateurs sont les principales causes de cette diminution. La production cumulée depuis janvier demeure, toutefois, supérieure à celle de 2019. Le prix moyen payé au producteur (357 €/1 000 l) est en recul de 2,5 % par rapport à celui d’avril 2019. En cumul sur l’année, il est identique à celui constaté l’année précédente.
La production de lait bio est en hausse de 9,5 % entre avril 2019 et 2020. Depuis janvier, la collecte de lait bio progresse de 15,6 % comparativement à celle de 2019. En avril, sa valorisation est en revanche moins favorable avec un prix moyen payé au producteur (418 €/1 000 l) en baisse de 0,3 % sur un an.
Confinement oblige, la transformation de l’ensemble des produits laitiers est en baisse par rapport à celle d’avril 2019.

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Livraisons régionales lait de vache
Source : EML - SSP -FranceAgriMer

Viande bovine : l’origine française recherchée par les consommateurs

En avril, les abattages régionaux de gros bovins reculent d’environ 10 % par rapport à ceux de 2019 et à la moyenne quinquennale. La baisse est plus importante pour les jeunes bovins, les bœufs et les génisses. Si globalement les abattages de vaches se réduisent, ceux des laitières affichent une progression de 3 % par rapport à 2019. En effet, la demande en viande hachée reste élevée et les disponibilités suffisent tout juste à couvrir les besoins des abatteurs.
En mai, les cotations des jeunes bovins se stabilisent. Le marché reste lourd malgré une baisse des disponibilités. La hausse de la demande intérieure en viande d’origine française permet de soutenir le prix des vaches. La moyenne mensuelle pour les vaches à lait P gagne 15 ct/kg entre avril et mai. Le gain est de 10 ct/kg pour les vaches R et de 6 ct/kg pour les mixte O. Si l’écart avec les prix de 2019 se réduit, aucune de ces catégories de bovins ne parvient encore à atteindre les valeurs de 2019 ou les moyennes quinquennales.

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Cotations vaches Grand-Ouest
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Viande porcine : nouveau recul des prix

En mai, le prix du porc charcutier poursuit son inflexion. Mi-mai, il passe sous sa valeur de 2019 à période comparable. En quatre semaine, le cours du porc charcutier classe S commission Nantes perd 10 cts/kg pour s’établir à 1,5 €/kg. Malgré les jours fériés, l’offre de porc est suffisante pour couvrir une demande intérieure peu dynamique. Certaines pièces traditionnellement destinées à la RHF sont difficiles à écouler. Les besoins sur le marché italien (jambon) sont en retrait. Des cas de Covid parmi le personnel de deux abattoirs français perturbent les abattages. En Europe, l’offre de porc s’accroît et excède la demande. Les prix se replient sur les principales places de marché. En Espagne, les stocks de viande congelée s’accumulent. Profitant de cette situation, les acheteurs chinois font pression sur les prix. En fin de mois, la consommation et les tarifs reprennent de la vigueur grâce à la réouverture progressive des restaurants en Allemagne.

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Cotation du porc - classe S - Nantes
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Volailles et œufs : échanges commerciaux perturbés

La Covid perturbe les échanges commerciaux. En mars, les importations de viandes de poulet se réduisent de 11 % sur un an.
En avril, selon l’interprofession, les mises en place reculent, au niveau national, de 28 % pour les canards à rôtir et de 25 % pour les pintades. Ces filières sont particulièrement impactées par la suppression, suite au confinement, de leur principal débouché : la restauration hors foyer. Sur la même période, les mises en place de poulets de chair repartent à la hausse.
En avril, les abattages de volaille de chair reculeraient de 3,6 % au niveau régional et de 4,5 % au niveau national, entraînés par le recul des abattages de poulets, mais aussi de canards et de pintades. Les prix payés aux producteurs sont stables.
En mai, à Rungis, après une année de stabilité, les prix des pintades entières et du filet de canard de barbarie se replient de respectivement 2 % et 3 %.
Le marché des œufs reste soutenu par une forte demande.

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Abattages contrôlés régionaux de Gallus
Source : Agreste

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