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Note mensuelle de conjoncture toutes filières juillet 2020

 

Météo : juin, que d’eau !

En juin, la température moyenne (17,3 °C) est proche de la normale. Après deux mois secs, les précipitations sont très excédentaires (+ 82 % au niveau régional). Le nord de la région est cependant moins arrosé. L’ensoleillement est déficitaire (- 14 %). L’indice d’humidité des sols au 1er juillet, très hétérogène, est excédentaire en Loire-Atlantique et Vendée mais déficitaire en Mayenne et en Sarthe.

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Ecart à la normale 1981-2010 de la température moyenne (degrés Celsius)
Source : Météo France
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Rapport à la normale 1981-2010 du cumul des précipitations (%)
Source : Météo France
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Ecart à la normale 1981-2010 de l’indice SWI d’humidité des sols au 1er juillet 2020
Source : Météo France

Productions végétales

Céréales : nouvelle baisse importante du cours du blé

Le retour de la pluie survient trop tard pour favoriser un bon remplissage des grains des céréales à paille. Par ailleurs, les précipitations, localement importantes, retardent le début de la récolte des orges, qui intervient dans la région durant la dernière semaine de juin.
La production mondiale de blé est prévue très abondante, voire record. De plus, la hausse de l’euro par rapport au dollar est défavorable à la compétitivité à l’export du blé de la zone euro. En un mois, le cours moyen du blé tendre rendu Rouen chute de 12 € ; à 176 € la tonne, il est égal à celui de juin 2019. En France, le maïs, plus compétitif que le blé, continue d’être demandé par les fabricants d’aliments pour animaux. Le prix moyen du maïs rendu Bordeaux gagne 2 € sur un mois. À 157 € la tonne, il est cependant inférieur de 8 € à celui de juin 2019.

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Blé tendre rendu Rouen - Maïs rendu Bordeaux
Source : FranceAgriMer

Fruits et légumes : repli de la demande

En juin, l’activité est soutenue en première semaine, puis elle s’affaiblit le reste du mois. Le temps maussade freine la consommation des produits de saison et entraîne une baisse des cours. L’offre de concombres, limitée en cette période d’arrachage, se négocie moins facilement et à hauteur de la moyenne quinquennale. Avec une hausse de la concurrence interrégionale et européenne, le marché de la tomate est en équilibre précaire. Celui de la salade se dégrade en deuxième décade de juin. Les jardins familiaux et les autres bassins de production pèsent sur les flux de vente. Des destructions sont réalisées. Les ventes de poireau primeur sont dynamisées par une progression des exportations. Toutefois, contrairement à l’an dernier, le rendement moyen à l’hectare est faible. En fin de saison, le commerce des pommes est très calme, il ne reste sur le marché quasiment que de la Golden, négociée à prix stable.

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POIREAU expédition Pays de la Loire cat I colis de 10 kg - cat II primeur de semis semaine 18 à 21
Source : FranceAgriMer

Viticulture : situation disparate

Fin juin, le développement de la vigne est très hétérogène d’un cépage à l’autre et en intra-parcelles. Si les Cabernet Sauvignon sont à la nouaison en Aubance, les Melon de Sèvre-et-Maine sont à la fermeture de la grappe, voire début véraison. Le vignoble est sain. Les vendanges s’annoncent très précoces et généreuses.
Post confinement, la situation des viticulteurs est très disparate, le segment CHR (cafés- hôtels- restaurants) étant toujours en berne.

Prairies : pousse en demi-teinte

En mars, l’humidité des sols retarde la mise à l’herbe des bovins. De la mi-avril à la mi-mai, douceur et pluies modérées favorisent une pousse correcte de l’herbe. Les trois semaines suivantes sont sèches et chaudes : la fenaison est faite dans de très bonnes conditions, mais la pousse de l’herbe chute rapidement. Elle redémarre ensuite très progressivement avec le retour de la pluie. La pousse régionale est estimée inférieure de 11 % à la moyenne.

IPAMPA : retour à la stabilité

En mai, l’indice du prix d’achat des intrants est stable sur le mois et en baisse de 2,5 % sur un an. Les prix pétroliers amorcent une timide remontée de 0,1 % sur ce mois, soit une perte de - 22,4 % sur l’année glissante. Le prix des engrais diminue de 1,1 % sur le mois et de 6,3 % sur un an. Celui des aliments pour animaux se stabilise à - 0,1 % sur le mois et sur l’année.
Champ France, INSEE

Productions animales

Lait de vache : ralentissement confirmé de la collecte

En mai, pour le deuxième mois consécutif, la production laitière est en recul de 1,6 % sur un an. Les incitations à la réduction des volumes, suite à la crise sanitaire, et des cheptels moins étoffés, accélèrent et amplifient la baisse de collecte saisonnière. De même, le prix moyen payé au producteur (353 €/1 000 l) continue de baisser (- 3,4 % entre mai 2019 et 2020 après - 1,8 % entre avril 2019 et 2020).
Concernant le lait bio, la production augmente de 5,6 % par rapport à celle de mai 2019. Toutefois, la hausse est plus modeste que celle de l’an passé à période comparable du fait d’une pousse de l’herbe plus compliquée sur cette période. A 417 €/1 000 l, le prix moyen payé au producteur bio recule de 0,6 %.
Dans un contexte de baisse des disponibilités, la fabrication des produits laitiers est globalement en baisse. La fin du confinement entraîne un rééquilibrage des fabrications au profit de certains produits ou débouchés délaissés durant la crise (fromages, poudres à l’export ...).

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Livraisons régionales lait de vache
Source : EML - SSP -FranceAgriMer

Viande bovine : abattages en baisse et cotations diversement impactées

A l’image des quatre premiers mois de 2020, les abattages régionaux de mai sont en baisse par rapport à ceux de 2019 et aux moyennes quinquennales. Toutes les catégories connaissent une telle évolution, malgré des poids moyens d’abattage élevés. Les tendances nationales sont également orientées à la baisse, à l’exception des vaches allaitantes et génisses dont les tonnages abattus se maintiennent à proximité des valeurs quinquennales.
En juin, les cotations se stabilisent à de bas niveaux pour les jeunes bovins les plus qualitatifs, les vaches mixte O et lait P, les veaux de boucherie les moins qualitatifs et les petits veaux. Certaines catégories plus qualitatives s’en sortent toutefois mieux : les vaches et les génisses viande U et R, ainsi que le veau de boucherie rosé très clair.
Les imports et exports de bovins vivants et de viande bovine demeurent encore perturbés par la crise sanitaire covid-19, de même que la consommation de viande bovine dans son ensemble, orientée à la baisse.

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Cotations vaches Grand-Ouest
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Viande porcine : stabilisation des cours

En juin, le cours moyen du porc charcutier classe S commission Nantes atteint 1,56 €/kg. Le marché retrouve son équilibre. La demande asiatique est toujours forte du fait de l’insuffisance de leur capacité de production. Toutefois, la concurrence entre pays exportateurs est rude. Au cours des quatre premiers mois de l’année, les exportations vers la Chine de viandes porcines françaises bondissent de 26 % en tec par rapport à la même période de 2019.
De janvier à mai, le cumul des abattages régionaux de porcs charcutiers est au même niveau que celui de 2019 (+ 0,5 %). Les porcs abattus sont lourds.
Le prix perçu par les éleveurs baisse encore, parallèlement le prix de l’aliment augmente depuis janvier. L’indicateur de marge brute naisseur-engraisseur continue de chuter (- 5,8 % en un mois et - 37,7 % depuis décembre 2019).
En avril, le confinement et l’arrêt de la restauration hors domicile favorisent l’achat par les ménages de porc frais et transformé.

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Cotation du porc - classe S - Nantes
Source : FranceAgriMer – entrée abattoir

Volailles et œufs : le repli des abattages s’accentue en mai

Sur les cinq premiers mois de l’année, les abattages de volailles sont en recul, en Pays de la Loire comme en France. La baisse est particulièrement marquée en mai, avec des abattages régionaux de poulets en repli de 11 %, surtout ceux sous signe de qualité. En pintades, canards gras, canards à rôtir, cailles et pigeons, filières davantage orientées vers la restauration hors domicile et l’export, et très présentes dans la région, la baisse d’activité est de l’ordre de 20 % par rapport à mai 2019. Seuls les abattages de dindes augmentent. Sur quatre mois, les achats des ménages progressent fortement en poulet, élaborés et charcuterie de volaille, œufs. En mai, les indices de l’aliment sont en repli pour la plupart des espèces, interrompant la hausse continue depuis l’automne. De janvier à mai, les prix à la production progressent, mais restent légèrement inférieurs à ceux de 2019. En juin, les cours de l’œuf sont orientés à la baisse, avant la période d’été habituellement peu favorable.

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Abattages contrôlés régionaux de Gallus
Source : Agreste

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