Contenu

Séminaire Influenza aviaire le 29 juin 2017 à Angers

Les crises influenza aviaire récentes ont durablement marqué les acteurs de l’aviculture. Elles ont fortement impacté l’économie des filières avicoles.
Le Pacte de lutte contre l’influenza aviaire et de relance de la filière foie gras est le témoignage de la volonté de l’État, des collectivités territoriales et des professionnels de tout mettre en œuvre pour éviter de revivre de telles périodes.

Dans ce cadre, la DRAAF Pays-de-la-Loire a organisé le 29 juin à Angers, un séminaire rassemblant professionnels et services de l’État et de la Région, pour partager les enseignements tirés des crises récentes. L’objectif consistait à identifier les points forts et les points d’amélioration dans notre région et de mettre en commun des expériences et des pratiques.

Plus de 110 personnes étaient présentes, acteurs impliqués dans la prévention et la lutte contre l’IAHP ainsi que les services de l’État et les collectivités.

Le risque est réel en Pays-de-la-Loire.
La Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) en la personne d’Anne Bronner, cheffe de projet Amélioration de la surveillance en santé animale et santé végétale, a présenté la situation épidémiologique européenne et nationale, démontrant une fois de plus la réalité de la menace.
Elle a souligné, en s’appuyant sur les études de l’ANSES, le rôle très important des mouvements internes à la filière via les vecteurs passifs entre élevages dans la propagation des foyers d’IAHP, le rôle de l’avifaune étant moindre et pouvant expliquer des cas sporadiques.

Pour cet automne 2017, les élevages seront soumis à plusieurs risques : un risque H5N8 avec résurgence possible à partir du Sud-Ouest, un risque par l’avifaune avec une re-contamination lors des migrations et un risque H7N9 eu égard à la circulation de souches zoonotiques asiatiques avec des recombinaisons éventuelles.

Didier Boisseleau, directeur départemental de la protection des populations de Maine-et-Loire, lui a succédé en présentant une évaluation des risques pour la région des Pays de la Loire. Il a souligné la densité géographique des élevages, la diversité des filières, leur importance au niveau économique, la présence d’élevages et couvoirs de haute valeur génétique et la large répartition des zones humides à risque particulier.
Gagner des points de sécurité, porter un diagnostic précoce, augmenter la biosécurité en période à risque et cloisonner les échelons couvoir, production et exploitations non commerciales sont, selon Didier Boisseleau, les principes clefs.

Retours d’expériences et interdépendance des acteurs.
Un deuxième temps était consacré à deux retours d’expérience. Le premier était présenté par M. Séguy de la DDPP 85, M. Gavaret, vétérinaire sanitaire et M. Pageard du groupement de producteurs Nutriciab.
Cet exposé a illustré les événements survenus lors de la suspicion forte de décembre 2016 en Vendée. Les actions mises en place dans les 30 heures entre la suspicion posée lors d’une autopsie des volailles et le résultat négatif du laboratoire ont été exposées.
L’extrême réactivité de tous les intervenants a été soulignée : prélèvements pour analyse, abattage préventif des volailles, mise en place de limitations de mouvements, analyses et communication.
Afin d’être très opérationnel, il est non seulement important de disposer d’acteurs compétents mais aussi de très bien communiquer dans un climat de confiance. La difficulté d’identifier de manière exhaustive tous les mouvements depuis ou vers l’exploitation concernée a été relevée de même que la nécessité de clairement répartir les rôles.
La nécessité de bien se connaître entre professionnels en temps de paix est apparue comme un préalable incontournable.

Cet exposé a été suivi par l’intervention de Mme Laborde du CIFOG sur les deux crises survenues dans le Sud-ouest. Les points sensibles du pacte signé entre la filière, le ministère et les Régions ont été présentés.
Une évolution profonde des pratiques d’élevage doit être engagée et perdurer. Au-delà des exigences réglementaires, il existe une volonté professionnelle de repenser le système de production et de sécuriser le maillon transport.

Actions particulières mises en œuvre.
Ont suivi deux témoignages relatifs aux actions mises en œuvre par des professionnels.
M. Lumineau, responsable amont Vendée du groupe Doux et M. Allain, directeur de l’abattoir Doux de Chantonnay, ont expliqué la planification et les actions mises en place lors d’un abattage,en zone indemne, de volailles issues d’un élevage situé en zone réglementée. La drastique sectorisation spatiale et chronologique de toutes les interventions et des flux, la journée dédiée à cet abattage, la traçabilité spéciale appliquée, ainsi que l’orientation spécifique de certaines denrées ne pouvant pas faire l’objet des marchés habituels, ont fortement intéressé l’assemblée.

M. Fumery, de la société d’équarrissage Secanim, a présenté les mesures de biosécurité mises en place par l’équarrissage qui comportent plusieurs niveaux en fonction du niveau de risque. En risque faible, sont effectués le nettoyage et la désinfection des camions, la collecte en zone publique, l’enregistrement de l’étanchéité des camions. Des mesures complémentaires sont ajoutées en risque élevé.
Enfin en cas de zone de contrôle, les tournées sont organisées en collecte centripète, par jour dédié et avec une désinfection des camions en sortie de chaque élevage. Cet exposé a permis de bien expliquer les mesures de biosécurité mises en œuvre par les équarrisseurs et d’apporter un nouveau regard sur cette activité.

Points de vigilance.
A l’issue de ces présentations, une table ronde réunissant Mme Bernard, présidente de la commission agriculture du Conseil régional, M. Ramond du comité régional avicole (CRAVI), M.Ferré de la FRGTV, M. Mérand représentant les accouveurs, M. Boisseleau et Mme Bronner a permis aux participants de présenter leurs points forts, les éléments de vigilance et les pistes de travail.
La Région a d’ores et déjà investi 1 400 000€ sur la biosécurité et étudie d’autres appuis.

Les questions de l’assemblée ont porté sur le volet économique, la gestion des lisiers, les basse-cours et les évolutions réglementaires à venir. Mme Bronner a expliqué la démarche engagée auprès de l’OIE dans l’objectif de notifier les cas d’influenza faiblement pathogène seulement à un rythme régulier (de manière trimestrielle par exemple) ainsi que les dispositions à venir en matière de déclarations de mouvements de volailles, de réalisation d’autocontrôles et d’intégration de la biosécurité dans la nouvelle visite sanitaire avicole.

En conclusion, Mme Lebon, directrice régionale, a insisté auprès de l’assemblée sur le besoin de communiquer, travailler collectivement, en confiance et de manière concertée. Il reste désormais à valoriser les enseignements de ce séminaire et à optimiser la communication entre acteurs.
Le CROPSAV constituera un lieu privilégié de concertation et de communication.