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Vous avez dit "plan national Ecophyto 2", késako ?

Né à la suite du Grenelle de l’environnement de 2008, le plan Ecophyto est également la déclinaison française de la directive européenne 2009/128 dite "utilisation durable des pesticides" qui impose aux États-membres de fixer des objectifs chiffrés de réduction des risques et des impacts liés aux produits phytosanitaires et de déterminer les moyens appropriés d’y parvenir.

A son lancement en 2009, le plan se nommait "Ecophyto 2018". Il avait pour objectif de réduire si possible de 50 % en 10 ans le recours aux produits phytosanitaires. Ce plan était alors construit autour de 9 axes et comportait plus de 110 actions. La mise en oeuvre de ce plan, tant au niveau national que régional, a notamment permis de multiplier les actions de formation, de sensibilisation, de démonstration et de suivi, de mettre en oeuvre les outils associés (certiphyto, réseaux DEPHY, surveillance biologique du territoire, plates-formes nationales d’information…) et de montrer que la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires était possible, mais sans toutefois permettre d’atteindre les objectifs de réduction affichés.

Face à ce constat, le Gouvernement a confié une mission parlementaire au député Dominique Potier afin de rénover le plan dans sa version 2. Le rapport "Pesticides et agroécologie, les champs du possible", publié le 23 décembre 2014, a été la base du plan Ecophyto 2, publié le 26 octobre 2015.

Le plan Ecophyto 2 est resserré autour de 6 axes et de 30 actions. Son principal défi est de valoriser et de déployer auprès du plus grand nombre les techniques et systèmes économes et performants qui ont fait leurs preuves chez certains pionniers, agriculteurs, collectivités ou particuliers.

Le plan Ecophyto 2 réaffirme l’objectif de réduire de 50 % le recours aux produits phytosanitaires en France en dix ans, en suivant une trajectoire en deux temps. D’abord, à l’horizon 2020, une première réduction de 25 % est visée par la généralisation et l’optimisation des techniques actuellement disponibles, puis une seconde réduction de 25 % à l’horizon 2025 qui sera atteinte grâce à des mutations plus profondes. La transition entre ces deux périodes, dans cinq ans, sera l’occasion d’une nouvelle révision du plan, conformément aux exigences de la directive 2009/128.

Trois grands principes régissent le plan :
- maitriser l’ensemble des risques liés aux produits phytosanitaires,
- inscrire le plan au coeur du projet agroécologique pour la France,
- réorienter les évolutions au niveau des entreprises agricoles dans une dynamique collective, territorialisée et positive tant pour les producteurs que pour les citoyens.

Le réseau de fermes DEPHY - grand laboratoire d’expérimentation sur le terrain des techniques économes en intrants - sera élargi à 3 000 fermes. Une nouvelle action vise à engager 10 fois plus d’exploitations dans cette dynamique de changement de pratiques et de systèmes au travers d’une dynamique collective et d’une transition agro-écologique dans les "groupes 30 000". Comptant toujours sur ce facteur 10, l’ambition est ensuite de diffuser vers l’ensemble des exploitations françaises. Le développement des alternatives aux produits phytosanitaires sera amplifié, en particulier en encourageant le développement du bio-contrôle et des agro-équipements pour une agriculture de précision.

Pour aller plus loin :

- la plaquette de présentation du plan
- la réponse aux questions que vous vous posez sur le plan