Liste des dispositifs d’aide à la trésorerie prêts et garanties bancaires pour les exploitations agricoles (mise à jour du 11/12/2025)
Aides pour toutes exploitations agricoles
(Prêts et garanties bancaires)
Prêts de consolidation : guichet de demande de prise en charge de la garantie publique (ouvert depuis le 17/04/2025) :
Ce dispositif vise à répondre aux difficultés structurelles des agriculteurs dans le cadre des prêts de consolidation et à faciliter l’accès à des solutions de (re)-financement en permettant le réaménagement des dettes et le renforcement de la trésorerie des exploitations agricoles.
Il prend la forme de prêts garantis à hauteur de 70 % par l’État sur des durées de 5 à 12 ans. Il permet de souscrire un ou plusieurs prêts bancaires, pour un montant maximum global de 200 000€, auprès d’un des réseaux bancaires participants, adossés à une nouvelle garantie de l’État dédiée à l’agriculture et mise en œuvre par Bpifrance. L’aide de 35,1M€ consiste en la prise en charge par l’État à 100 % du coût de la garantie publique, pour tout prêt garanti décaissé à compter du 20 février 2025 et avant le 21 décembre 2025.
L’obtention de l’aide est conditionnée à la présentation d’une attestation comptable justifiant d’un taux d’endettement global supérieur à 50 % ou à un rapport entre excédent brut d’exploitation (EBE) et chiffre d’affaires inférieur à 25 %.
Les agriculteurs peuvent demander le remboursement du coût de la garantie associée à ces prêts sur la plateforme d’aide mise en place par FranceAgriMer, établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, jusqu’au 27 février 2026 à 14h00 au plus tard :
L’instruction des dossiers déposés a débuté depuis la mi-juillet 2025.
L’initiative nationale pour l’agriculture française (INAF) : ouvert
Dans le cadre du Grand plan d’investissement 2018-2022, le Fonds européen d’investissement (FEI) a conçu, en collaboration avec le Gouvernement français et son ministère de l’agriculture, l’Initiative nationale pour l’agriculture française (INAF).
L’INAF mobilise des fonds nationaux (à hauteur de 54 millions d’euros) et des ressources du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS ou « Plan Juncker » à hauteur de 45 millions d’euros) dans un instrument de garantie plafonnée couvrant les premières pertes d’un portefeuille de prêts.
L’INAF devrait permettre de catalyser – à travers les quatre intermédiaires financiers sélectionnés : Arkéa, Groupe BPCE, Crédit Agricole et Crédit Mutuel – 1099 millions d’euros d’investissements pour les agriculteurs français.
Spécifiquement, l’initiative a pour but de soutenir la montée de gamme, la création de valeur ajoutée et la transformation des systèmes de production.
Sont privilégiés les projets d’investissements visant :
- à mieux répondre aux attentes des consommateurs en renforçant le développement des filières de qualité, la contractualisation amont (producteurs) ;
- aval (transformateurs) et en encourageant l’ancrage territorial et les circuits de proximité ;
- le renouvellement des générations et l’installation des nouveaux entrants dans le cadre d’un projet agroécologique ou d’un projet générateur de valeur ajoutée et/ou d’emploi, y compris les jeunes agriculteurs dans leur projet de développement ;
- la transformation des modèles agricoles pour une meilleure performance économique, sociale, environnementale et sanitaire et également à améliorer l’innovation au sein des exploitations ;
- à accompagner la diversification des activités et des revenus des exploitations ;
- à mettre à niveau des actifs ne répondant plus aux meilleures pratiques internationales, afin de promouvoir l’utilisation efficace des ressources telles que l’énergie, la chaleur et l’eau.
L’objectif est ici de financer la phase amont du secteur agricole, c’est-à-dire les exploitants agricoles, les agriculteurs et non le secteur agroalimentaire.
Les financements éligibles aux bénéficiaires finaux incluent : - des investissements dans des actifs corporels ou incorporels (comme par exemple : prestations de conseil, formations, prestation de maîtrise d’œuvre…) y compris la TVA relative aux investissements/acquisitions financés ;
- le capital d’exploitation (c’est-à-dire le fonds de roulement liés aux investissements financés) lié à un investissement et dans la limite de 30% du montant total du projet ;
- l’achat de foncier dans la limite de 10% du montant total du projet et dans la limite de 20% du montant total du projet pour les projets d’installation et de reprise ;
- l’achat de parts sociales y compris dans le contexte familial ;
- le matériel d’occasion ;
- les investissements liés :
- à la production d’énergies,
- aux activités d’hébergement touristique ou de restauration,
- aux centres équestres, dans la mesure où ceux-ci présentent au moins 50% de dépenses financées liées à une activité agricole (y compris transformation ou commercialisation).
Condition d'octroi et montant des garanties
Échéancier et prise en charge partielle des cotisations de mutualité sociale agricole : ouvert
La Mutualité sociale agricole (MSA) met en place plusieurs dispositifs.
Ainsi, en cas d’impossibilité de s’acquitter des cotisations sociales dans les délais prescrits, un agriculteur peut demander à sa caisse MSA un échéancier de paiement.
De plus, pour les exploitations qui rencontrent de grosses difficultés de trésorerie, la MSA peut accorder, sous conditions, une prise en charge partielle des cotisations. La ministre en charge de l’agriculture a en effet obtenu il y a plusieurs mois un budget complémentaire de prises en charge de cotisations MSA de 20 M€, ce qui a porté l’enveloppe annuelle nationale à 50 millions d’euros.
Contact directement auprès des caisses MSA.
Aides spécifiques pour la viticulture
(Aides à la trésorerie)
Plan national de sortie de crise :
Le 24 novembre 2025, la ministre en charge de l’griculture a annoncé un plan national de sortie de crise et demandé la mobilisation de la réserve de crise européenne en faveur des viticulteurs français en complément de la solidarité nationale.
S’ajoutant aux efforts déployés par l’État depuis le début de la crise, le plan s’articule autour de plusieurs mesures concrètes :
- prorogation en 2026 des prêts structurels garantis à 70 % par Bpifrance : ces prêts, déjà allongés à 12 ans et qui ne pouvaient plus être souscrits après 2025, seront ré-ouverts en 2026. Ils feront l’objet d’une révision de leurs critères pour mieux refléter les spécificités économiques de la viticulture et seront élargis aux coopératives ;
- une nouvelle enveloppe de 130 millions d’euros pour l’arrachage définitif demandé par la profession viticole. Cet effort vise à rééquilibrer l’offre et à restaurer la viabilité des exploitations en difficulté dans les bassins les plus fragilisés ;
- l’allégement des charges sociales : un premier volet de cinq millions d’euros a été débloqué pour la prise en charge des cotisations sociales en novembre, soit un tiers de l’enveloppe nationale prévue pour l’ensemble du secteur agricole au second semestre 2025. La viticulture bénéficiera à nouveau d’allégements de charges MSA en 2026, à hauteur de dix millions d’euros. Les viticulteurs auront toute leur part dans le dispositif exceptionnel de soutien aux trésoreries, dont le principe a été annoncé à Toulouse le 12 novembre dernier en présence du chef de l’État ;
- demande d’activation de la réserve de crise européenne par les autorités françaises : en complément de l’importante mobilisation du budget national pour soutenir la filière viticole française, la ministre Annie Genevard a demandé au Commissaire européen à l’agriculture et à l’alimentation, M. Christophe Hansen, de mobiliser la réserve de crise européenne, notamment pour financer la distillation de crise des surstocks non marchands (40 millions d’euros), prioritairement en caves coopératives.
Les modalités de mises en œuvre de ces dispositifs seront connues après le vote de la loi de finances 2026 et du paquet "vin" européen.
Aides aux éleveurs
Aides économiques maladie hémorragique épizootique (MHE)et fièvre catarrhale ovine (FCO 8) bovins :
Le dispositif du Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE), abondé à 65 % par l’État, intervient pour indemniser les éleveurs touchés par la MHE. Les foyers pris en compte actuellement sont ceux qui sont intervenus avant le 31 décembre 2024. L’instruction des dossiers est en cours.
Aides économiques influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) 2024-2025 :
Le 17 novembre 2025, la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, annonce l’ouverture d’un dispositif d’indemnisation économique pour l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) 2024-2025.
La décision de FranceAgriMer est publiée le 18 décembre 2025. Le dispositif ouvrira le 12 janvier 2026.
Cette aide, financée par l’État pour un budget maximal de 4 millions d’euros, vise à compenser les pertes liées à l’arrêt de production dans les exploitations situées en zones réglementées, en raison des interdictions de mise en place et de mouvements de volailles. Les pertes subies pendant les mesures de restriction sanitaire ayant conduit à des vides sanitaires prolongés seront indemnisées à hauteur de 90 %.
Les éleveurs de volailles (palmipèdes, gallinacés et colombidés) situés dans des zones réglementées (zones de protection, zones de surveillance) pendant l’épizootie d’IAHP 2024-2025 qui s’étend du 1er août 2024 au 31 juillet 2025 inclus et ayant subi des pertes économiques, peuvent déposer leur demande d’aide à partir du 18 décembre ou à compter de la mise à disposition du téléservice PAD sur le site de FranceAgriMer et jusqu’à sa fermeture, le 27 février 2026 à 14h.
Pour la région des Pays de la Loire, quatre communes situées en Loire-Atlantique sont concernées par la zone réglementée (Herbignac, Asserac, Mesquer, Saint-Molf).
Aides économiques influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) 2025-2026 :
Les professionnels de la volaille ont sollicité la mise en place rapide de dispositifs d’aide économique pour les différents maillons de la filière, fortement touchés par l’épizootie qui s’est déclarée à l’automne 2025.
La ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, dans une interview accordée à Ouest France, le 2 décembre 2025 indique que l’État interviendra en faveur des éleveurs situés dans les zones réglementées. Des groupes de travail doivent se réunir en début d’année 2026 pour définir les mesures adaptées à mettre en place.
Un dispositif d’avance permettant de soutenir la trésorerie des éleveurs sera probablement mis en place courant 2026, avant le dispositif de solde qui viendra clore les aides économiques.